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Nagarya, les archives exclusives de l’auteur – partie 2

En octobre dernier, Dynamite a fait paraître une intégrale exceptionnelle de la saga érotique Nagarya. Porté par la critique, ce bel album de 144 pages a connu un succès rapide, nous confortant dans l’idée que les lecteurs attendaient la réédition des bandes dessinées de Riverstone, auteur incomparable du genre. En exhumant ses originaux pour nous permettre de les scanner, l’auteur a également mis au jour des dizaines de schémas, croquis, ébauches sur l’univers foisonnant de Nagarya, qui n’avaient plus quitté ses cartons à dessin depuis les années 1980. Subjugués par la beauté de ce matériel inédit, nous avons décidé d’en partager les plus belles pièces avec nos lecteurs, dans un cahier de 16 pages clôturant la réédition Dynamite. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir ces petites œuvres d’art sur le blog, à travers deux articles que nous publierons sur deux semaines. L’occasion d’en apprendre davantage sur les intentions de Riverstone, créateur d’un monde riche et onirique… Les ébauches sont annotées et commentées par l’auteur lui-même.

 

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« Les frères Cohen ont-ils de l’humour ? Ou bien, ont-ils un style sans lequel la jubilation n’aurait pas lieu ?… Faut-il se poser la même question pour Le Mystère de la chambre froide ? L’intrigue, ici décrite, anticipe peut-être, du côté du Labrador, des épisodes affamés de la vie d’Anny Wellington, quelque temps avant de monter sur orbite et de se retrouver, un peu plus tard encore, sur un Navire Étoile… »

 

 

 

 

 

« Errances fictionnelles autour de la base d’envol des orbiteurs, du côté de la Terre de Baffin (au nord de la Baie d’Hudson)… Qui n’a pas lu Objectif Lune, d’Hergé ? Un épisode obligé ?… Hélas ! Finis les V2 du père von Braun ! Les lendemains américains déchantent. La Terre semble devenir inquiétante et New York n’est plus peuplée que de poissons. Entre l’ethno-psychologue bombardée Anny Wellington et le capitaine de vaisseau spacien Jean la Pérouse, il y a un fossé incommensurable… Éros n’est pas un dieu commode pour ces gens-là ! »

 

« On casse les planches ici-bas ! Celles-ci font partie d’une suite d’une trentaine de pages inachevées allant de la page 122 à, approximativement, la page 150, voire plus, car le montage est sans cesse ouvert, à l’instar d’un vieux chantier abandonné qui renaît à certaines époques. Ce sous-épisode va des « bagarres dans la forêt » à l’entrée dans Nagarya, la cité perdue. Gomorrhe, dessiné dès le début des années 1980, dans un style très volontairement disneyen, était déjà en train de tourner autour du thème de Nagarya. Les manières de dessiner évoluent beaucoup avec le temps, de même que la façon de faire et concevoir les récits. C’est ainsi que ce thème hante les desseins de Riverstone depuis les années 1970. Mais les dessins, eux, ont beaucoup changé, en alternant des maniérismes raides et grimaçants, dans le style des gravures du XIXe, à des grouillements de courbes voluptueuses, jusqu’à ce que la peinture vienne mettre tout le monde d’accord. L’historique de ces dessins est donc de peu d’intérêt, sauf pour en rire, et se gausser des efforts d’un débutant des années soixante qui tentait, tant bien que mal, de suivre les traces de Jean-Claude Forest après n’avoir point compris les mystères de la composition et de l’art décoratif chez James Hodges, et combien la patte de ce dernier conférait une assise solide à la possibilité d’évoquer l’Éros. Mais… heureusement, Hans Bellmer vint à la rescousse, etc., etc. »

 

« Tout ceci pour souligner que les premiers dessins de Nagarya ne ressemblent pas à ceux qui suivirent en peinture. Il suffit que dix, ou a fortiori vingt ans passent pour tout transformer. C’est en ce sens que ce chantier (Nagarya) est sans cesse ouvert et jamais achevé. L’édition de Nagarya en seulement 120 pages, comme elle s’est faite dans les années 1990, est donc quelque chose qui a le mérite d’avoir eu lieu dans un laps de temps raccourci. Les dessins y courent sur une période de dix années seulement et sont à peu près homogènes. Dans la trentaine de ces planches, qui forment une suite hypothétique de Nagarya, certaines d’entre-elles sont des ancêtres du projet… un paradoxe. C’est-à-dire que les personnages semblent arrivés à destination, alors que le récit réellement publié n’a, lui, jamais atteint le « château », au sens où Kafka l’entendait — voir à cet égard, l’entrée dans Nagarya, inspirée graphiquement de Frazetta… »

 

Fin de la seconde partie !

<< Voir la première partie

 

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